Que faire en Géorgie ?

En juillet dernier, je suis partie avec Nico, en Géorgie, pendant trois semaines. Un voyage incroyable dans un pays au carrefour de la Russie, de l’Azerbaïdjan, de l’Arménie et de la Turquie.

Nous avons été subjugués par le mélange de cultures, le sens de l’accueil des Géorgiens, la gastronomie (le vin millénaire) et surtout par la diversité des paysages entre la mer Noire à l’ouest, les montagnes du grand Caucase au nord et les vignes de la Kakhétie, à l’est. Cerise sur le gâteau, c’est un pays au niveau de vie très abordable pour un Français.

Un peu d’histoire géorgienne…

Toutes les influences qui cohabitent dans ce pays sont le résultat de son histoire. La Géorgie a été envahie successivement par les Perses, les Grecs (Alexandre le Grand), les Romains (suivi des Byzantins), les Ottomans, les Mongols et enfin les Russes à partir du XIXème siècle. En 1918, elle est devenue indépendante, pendant seulement trois ans, avant de rejoindre l’URSS. Cette dernière a été dirigée pendant longtemps par un Géorgien célèbre : un certain Staline. Ce n’est qu’en 1991 que la Géorgie retrouve de nouveau son indépendance.

Le mont Kazbek domine la ville de Kazbegi au nord-est de la Géorgie?
L’église de la Trinité de Guerguétie, à Kazbégi, dans le nord du pays. (Toutes les photos de paysage sont de NH-F)

Pourquoi aller en Géorgie ?

Avant de partir en vacances, j’ai eu droit à cette question un nombre incalculable de fois. Mais pourquoi aller en Géorgie ? Eh bien parce que Nico et moi, nous avions envie d’un voyage dépaysant. Et la Géorgie, c’est un pays riche historiquement, architecturalement, culturellement… Je vous laisse lire la suite pour vous faire votre propre avis.

Parce que la Géorgie c’est beau !

Quand on arrive à Tbilissi, la capitale, on est surpris par le charme suranné de la vieille ville et la modernité de certains quartiers. Entre les bains turcs à l’architecture orientale, les églises orthodoxes ici ou là, les habitants qui qui jouent aux échecs dans la rue, les vieilles maisons aux balcons en bois bancals et la grande forteresse avec sa vue imprenable sur la ville, on en prend plein les yeux.

Dans certaines rues cohabitent parfois plusieurs styles et époques architecturales sans que cela ne choque. Cela fait même partie du charme du pays. Je vous recommande chaleureusement le walking tour : Hidden Tbilissi qui permet de découvrir toutes les beautés cachées de cette capitale. C’est une balade à pied de 4 heures (gratuite), mais il est conseillé de donner un bon pourboire au guide.

Voici une petite sélection de photos de Tbilissi :

Et je ne vous ai montré que la capitale, je ne vous ai pas encore parlé de la beauté de Sighnaghi, l’un des plus anciens villages de Géorgie où l’on produit, encore aujourd’hui, du vin comme il y a 8000 ans. C’est-à-dire à l’aide d’amphores remplies de grains de raisins que l’on laisse macérer pendant des mois enterrées dans la terre. D’ailleurs, dans n’importe quelle auberge on vous accueillera avec du vin maison, car ici chaque famille fabrique son propre vin avec des qualités aléatoires… Cette ville est surnommée la ville de l’amour, car de nombreux amoureux viennent s’y marier.

Sighnaghi, la ville du vin et des amoureux :

Si vous avez trop chaud en plein de mois de juillet, vous pouvez vous diriger au nord de Tbilissi, à trois heures de routes en marshrutka, nom donné aux taxis collectifs de l’ex-Union Soviétique, vers la ville de Kazbegi et le mont Kazbek. Ce trésor national est quelque peu convoité en plein été, mais l’ascension (enfin jusqu’à l’église de la Trinité) reste un souvenir incroyable. La vraie ascension du mont Kazbek et de ses 5 047m, est réservée aux initiés. La ville de Kazbegi a été renommée Stefantsminda, mais personne ne l’utilise donc on va garder Kazbegi.

Quelques souvenirs de Kazbegi et de la vallée de Juta :

Et puis, si vous aimez les grands espaces et que vous n’avez pas eu votre dose dans les montagnes, je vous conseille d’aller visiter le monastère de David Garedja.

Info pratique : vous pouvez utiliser les mini-bus de la compagnie Gareja Line du mois d’avril à octobre pour de nombreuses excursions au départ de Tbilissi. Le principe est simple, vous vous pointez sur la place Liberty Square de Tbilissi et en fonction du nombre de personnes, les mashrutkas arrivent… L’excursion se fait sur la journée pour David Garedja, départ à 11 heures, le trajet dure 2h30 et retour à 20h. Le tarif est autour de 25 laris par personne (soit 8 euros). Prévoyez votre pique-nique et de quoi vous couvrir les jambes, les épaule et la tête pour les femmes, c’est obligatoire dans tous les lieux de cultes en Géorgie.

Le trajet est pénible sur la fin car la route est en piteux état, mais croyez-moi, les paysages lunaires à perte de vue, le monastère du VIe siècle classé au patrimoine mondial de l’Unesco, la vue sur l’Azerbaïdjan en haut de la colline, c’est à couper le souffle…

Vous voyez la Géorgie ça vaut le détour et encore je ne vous ai pas parlé de Koutaissi et de son charme bohème, du monastère troglodytique Ouplistsikhé et de son immense site datant du premier millénaire avant Jésus-Christ ! Allez je ne résiste pas, je vous partage une petite photo de ce lieu incroyable…

La cité troglodytique d'Ouplistsikhé date du premier millénaire avant Jésus-Christ. Un lieu incroyable !
La cité troglodytique d’Ouplistsikhé date du premier millénaire avant Jésus-Christ.

Parce que la Géorgie c’est bon !

La gastronomie géorgienne est à la fois roborative avec de nombreux plats élaborés à partir de viandes grillées, de pommes de terre frites et d’herbes fraîches : comme le odjakhouri. Mais elle contient aussi beaucoup de recettes végétariennes avec des noix râpées et des grenades, comme dans la salade géorgienne (en haut, à gauche) ou des aubergines roulées à la pâte de noix épicée comme dans le Badridjani nigvzit (en haut, à droite).

Et il y a bien-sûr les deux plats emblématiques du pays auxquels vous n’échapperez pas : les Kinkhalis, les raviolis géorgiens, végétariens ou pas, à manger absolument avec les doigts au risque de passer pour un touriste et la Khachapuri, ce grand pain rond ou ovale garni de fromage aigre et parfois d’un oeuf et de beurre, notamment dans la région de l’Adjarie (sud-ouest du pays) sur les rives de la mer Noire.

Le pays reste assez pauvre et agricole, même s’il est de plus en plus ouvert au tourisme et cela se ressent dans la nourriture. La plupart des Géorgiens font un gros repas le soir, mais se contentent de quelques tomates mûres à point, de pain et de fromage aigre (le sulguni) pour la pause déjeuner…

Sur la dernière photo, vous avez le sulguni à gauche et la churchkhela à droite, tranchée. Les churchkhelas sont les energy balls géorgiennes. Vous les verrez suspendues sur tous les marchés en forme de bougie. Mais je vous assure qu’il faut les goûter ! Ce sont en fait des noix, des noisettes ou (plus rarement) des amandes enfilées sur un fil trempé plusieurs fois dans un jus de raisin réduit et épaissi, puis séchées au soleil. C’est un peu pâteux, mais parfait pour les longues journées de randonnée dans le Caucase !

Parce que les Géorgiens ont le sens de l’accueil !

Au premier abord, les Géorgiens peuvent paraître durs. Ils sont souvent petits et trappus au visage buriné. Mais ne vous fiez pas à cette impression. Nous avons été accueillis partout avec une gentillesse incroyable. Nous avons dormi dans chaque ville, chez l’habitant (sauf à Tbilissi, dans une auberge) et à chaque fois, nous avons été reçu avec un verre de vin maison à notre arrivée, de la cha-cha (la grappa locale) en fin de repas et la nourriture était fantastique et gargantuesque ! Faites attention, le petit-déjeuner est souvent servi avec des des oeufs frits, des beignets, si vous devez partir en randonnée, ce n’est pas l’idéal ! 😉

Pique-nique improvisé par notre chauffeur au bord des champs : du concombre, des tomates, leur bon pain et du vin maison bien sûr !
Pique-nique improvisé par notre chauffeur au bord des champs : du concombre, des tomates, leur bon pain et du vin maison bien sûr !

Lors d’un trajet dans un taxi partagé en direction de la cité troglodytique d’Oupliststikhé, le chauffeur (qui parlait trois mots d’anglais) s’est arrêté sur la route pour acheter des légumes, du pain et du fromage. On s’est dit qu’il faisait ses courses, mais en fait c’était pour notre déjeuner et il a sorti une bouteille en plastique de son coffre avec du vin maison ! Et il m’a même offert un bouquet de roses ! Ces Géorgiens sont vraiment adorables !

D’écrire ces lignes me donnent envie de retourner dans ce pays aux paysages incroyables, avec cette culture si riche, cette nourriture si variée et ces habitants si gentils… J’espère que je vous aurais donné envie d’y aller à votre tour !

Les Géorgiens sont si gentils ! Un chauffeur de taxi collectif m'a offert des roses lors d'un trajet...
Je me souviens encore du parfum de ces roses !